Quand les Français restent chez eux... ils sont "dégueu" ? - Concept bain
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Quand les Français restent chez eux… ils sont « dégueu » ?
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Quand les Français restent chez eux… ils sont « dégueu » ?

Une étude de l’Ifop menée pour 24matins révèle que les Français, victimes d’un repli social lié au confinement, se laissent aller en matière d’hygiène corporelle et vestimentaire ; du reste, leur estime de soi sur le plan physico-esthétique est en chute libre.

Les questions ayant trait à l’hygiène n’ont sans doute jamais autant intéressé les Français ; de fait, nous n’en finissons plus de nous laver les mains pour lutter contre la propagation du COVID-19. Au point que certains parlent d’une véritable prise de conscience collective et sanitaire : ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts, et surtout plus propres…

Quoique, à la lecture d’une étude de l’Ifop menée pour 24matins, on se prend à douter de ce postulat. De fait, celle-ci « révèle que le repli social lié au confinement s’est accompagné chez nombre de Français d’une tendance à la dégradation de l’hygiène corporelle et vestimentaire allant de pair avec une chute notable de leur estime de soi sur le plan physico-esthétique.


Les hommes plus sales que les femmes ?

À en croire les résultats de l’étude, nous ne serions ainsi que 67 % à « pratiquer une toilette complète », contre 76 % avant le début de la crise. Du reste, ce sont ces messieurs qui sont les plus mauvais élèves en la matière : ils ne sont plus que 61 % (- 10 %) à se laver tous les jours le corps et le visage. Les seniors, d’ailleurs, sont les plus enclins à se priver de toilette quotidienne : (49 %) des hommes de 65 ans et plus se lavant entièrement tous les jours, contre plus des deux tiers des jeunes de moins de 25 ans (67 %). À ce sujet, l’étude précise : 

« Une telle évolution est sans doute à lier au fait que le confinement a réduit les interactions sociales et les contacts physiques. En cela, il a desserré la contrainte que le regard des autres fait peser habituellement sur l’image de soi au point d’atténuer la crainte d’être stigmatisé par ses pairs en cas de négligence dans son apparence. D’ailleurs, c’est chez les hommes confinés seuls que la fréquence de lavage quotidienne est la plus faible (49%, contre 70% des hommes vivant à quatre ou plus dans leur foyer), signe que l’hygiène tient beaucoup au degré de sociabilité d’un individu et à sa prise en compte du regard d’autrui dans la gestion de son apparence corporelle. »

La tendance du « no-bra » 

L’hygiène vestimentaire laisse, elle aussi, à désirer : « 68% des hommes confinés déclarent changer quotidiennement de sous- vêtements, contre 73% avant la mise en place du confinement. » Une fois de plus, les seniors sont pointés du doigt… ainsi que les hommes vivant seuls : 41% d’entre eux admettent ne pas changer de slip ou de caleçon tous les jours, contre 15% des femmes dans la même situation.

Chez les femmes, justement, le confinement semble aller de pair avec une certaine relâche en matière de port de soutien-gorge : avant le confinement, elles 3 % à ne pas en porter… Elles sont aujourd’hui 8 %. 

« Alliant souvent des motivations à la fois esthétiques, sanitaires et féministes, le mouvement “no bra” trouve ainsi dans les conditions de vie imposées par le confinement un terreau propice à une pratique qui, si elle est assez simple à effectuer chez soi, a toujours été plus compliquée à assumer en-dehors tant la poitrine des femmes reste sexualisée. Dans le détail, c’est d’ailleurs dans les rangs des femmes ne souffrant pas du regard des autres que cette pratique est la plus élevée : 12 % des femmes vivant seules n’en portant plus, contre 5 % des femmes confinées en couple avec deux enfants. Mais c’est aussi l’âge qui semble jouer en la matière : 20 % des jeunes femmes confinées de moins de 25 ans ne portent pas de soutien-gorge, contre 8 % des seniors de 65 ans et plus.« 

Mort au slip ! 

Certaines femmes vont d’ailleurs plus loin en se revendiquant du mouvement des “free pussies” (sans culotte) ; un mouvement cependant marginal, « en dehors des rangs des femmes de moins de 25 ans (7%), sans doute moins exposées que les autres aux risques que cette pratique peut avoir pour leur hygiène intime (ex : fuites urinaires…). »

Les hommes ne sont pas en reste, d’ailleurs, puisqu’ils sont 5 % à ne plus porter de slip ou de caleçon, soit cinq fois plus qu’auparavant. « Cette pratique atteint des niveaux non négligeables dans les rangs des hommes seuls (9 %), résidant en Provence-Alpes-Côte d’Azur (11 %) ou en cours d’études (13 %). »

Pour en revenir au beau sexe, celui-ci, cependant, semble en souffrance, ainsi que nous l’explique l’étude :

« Enfin, il est intéressant de noter que cette dégradation relative de l’hygiène corporelle et vestimentaire va de pair avec une forte baisse de l’estime de soi des femmes sur le plan physico- esthétique : seules 12 % des Françaises confinées se trouvent actuellement « belles », soit presque deux fois moins que ce que l’on pouvait observer avant la mise en place du confinement (22%).« 

Sois belle… et reste chez toi ? Pas toujours simple…

Un manque d’estime de soi plus répandu chez les femmes ne se lavant pas tous les jours, mais qui ne s’explique pas entièrement par la baisse de fréquence du lavage du corps ou des vêtements.

« Cette dépréciation est aussi à relier sans doute à une potentielle prise de poids – consécutives à des repas/apéritifs plus copieux ou fréquents qu’à l’accoutumée – et surtout au fait que les Françaises n’ont plus accès aux services de soins (ex : coiffure, manucure, pédicure…) contribuant habituellement à entretenir leur confiance en soi sur le plan esthétique.«