Laurent de Bray, nouveau président de Decotec : « Heureux et enthousiaste d’avoir acquis cette belle entreprise » - Concept bain
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Laurent de Bray, nouveau président de Decotec : « Heureux et enthousiaste d’avoir acquis cette belle entreprise »

Le 29 décembre 2020, Laurent de Bray, qui a notamment occupé, vingt-sept ans durant, des postes d’envergure au sein de l’entreprise Philips, se portait acquéreur du fabricant de meubles de salle de bains Decotec. Il a réservé à Concept Bain sa première sortie médiatique pour faire toute la lumière sur les raisons qui l’ont conduit à relever ce nouveau challenge. « Je suis là pour dix ans, dit-il. Et après, je repasserai le flambeau. Le même que m’a transmis Dominique Chalot. »

Propos recueillis par Christian Capitaine

Laurent de Bray, nouveau propriétaire et président de Decotec

Concept Bain : Quel fut votre parcours professionnel avant de racheter Decotec ?

Laurent de Bray : Mon parcours est surtout riche d’une expérience de 27 ans chez Philips. Celle-ci m’a conduit à des postes de responsabilités divers, au sein de nombreuses divisions de la société, dont celles du « bien-être » et de l’éclairage. Et ce, sur tous les continents : j’ai notamment été en poste au Maroc, à Hong-Kong et au Brésil. Puis, en 2017, après avoir quitté Philips, j’ai racheté Europhane, une PME spécialisée dans l’éclairage, qui réalisait un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros. Trois ans après, je l’ai revendue. Le temps était venu pour moi de relever un nouveau challenge… que j’ai trouvé en me portant acquéreur de la société Decotec

CB : Comment les premiers contacts se sont-ils noués avec Dominique Chalot, le propriétaire historique de l’entreprise ?

LDB : Je me suis d’abord mis en quête – car c’était mon objectif – d’une société qui réalise entre 20 et 30 millions d’euros de CA. Et pour ce faire, je me suis rapproché des réseaux de chasseurs de transmissions d’entreprise. Puis, avec Monsieur Chalot, qui a fait preuve d’un grand courage en relevant sa société lorsqu’elle était en difficulté, nous nous sommes vite trouvés. Il aurait pu la vendre à un plus offrant. Mais il m’a choisi, je crois, car nous portons tous les deux les mêmes valeurs. Je ne ferai pas de révolution. Mon souhait est de faire grandir Decotec en m’appuyant sur le savoir-faire et le potentiel de tous ses salariés. L’entreprise relève plus, en effet, de l’artisanat que de l’industrie. Et cet ADN, je veux le conserver. Pour résumer : cette transaction est, entre Dominique Chalot et moi, un passage de flambeau. Je suis heureux et enthousiaste d’avoir acquis cette belle entreprise.

CB : Quelle était sa situation financière au moment du rachat ?

LDB : Elle était difficile, car l’entreprise continuait à supporter les conséquences des années difficiles (entre 2010 et 2014). Certes, celle-ci n’est pas en mesure d’atteindre des niveaux de rentabilité importants, mais elle est capable de réaliser des investissements, que nous porterons, dès cette année, à hauteur de 200 000 euros pour l’outil industriel, et que nous pérenniserons dans les proches années à venir. La force de Decotec, c’est son agilité, sa flexibilité et la réactivité reconnue de tous ses clients. 

CB : Quels sont les chantiers dont vous voulez faire une priorité ?

LDB : Un point important avant de répondre : je connais bien les réseaux de distribution de Decotec, à savoir les négoces professionnels et les grandes surfaces de bricolage, pour avoir travaillé avec eux lorsque j’exerçais dans le secteur de l’éclairage (j’ai également été, pendant près de cinq ans, président du Syndicat de l’éclairage). Concernant les chantiers prioritaires, j’entends d’abord tout mettre en œuvre pour développer nos marchés à l’international, qui ne réalisent aujourd’hui que 10% de notre chiffre d’affaires ; je songe notamment à l’Allemagne. Deuxièmement, nous allons travailler au développement du marketing, un pôle actuellement assez pauvre en outils : notre connaissance des clients finaux doit être meilleure. Troisième axe : développer les marchés de la prescription, sur lesquels nous ne sommes pas assez présents ; nous avons à disposition deux très beaux show-rooms, dont un à Paris, qui sont autant d’outils très utiles pour bien travailler avec les architectes et les décorateurs d’intérieur. 

CB : Allez-vous faire évoluer vos effectifs ?

LDB : Je suis encore en phase d’audit de l’ensemble de nos salariés. Un premier point : nous ne procèderons pas à des licenciements, car tous nos salariés font du bon travail. Nous les « challengerons », bien entendu, mais en les assurant de notre confiance. Par ailleurs, nous avons entamé une phase de recrutement, notamment pour nos services marketing et à l’export. Je souhaite ainsi développer Decotec, en conservant son positionnement sur le moyen haut de gamme, et en s’appuyant sur son capital humain.

CB : Communiquez-vous sur le montant de la transaction ?

LDB : Non. Mais ce que je peux dire, c’est qu’au terme de ce rachat, Dominique Chalot n’a pas retrouvé tous les sous qu’il a injectés dans l’entreprise depuis sa création. Certes, le marché du meuble de salle de bains traverse une période compliquée liée à la crise – même si nous avons enregistré deux bons mois de janvier et février 2021 – mais c’était le bon moment de procéder à ce rachat. Les meilleures opportunités sont à saisir dans les moments difficiles.